Ces insupportables ingérences religieuses

Dans les États occidentaux et, plus généralement, dans les démocraties bourgeoises, il est d'usage de distinguer l'espace[1] public de l'espace privé, que cette distinction ait ou non un fondement juridique et, notamment constitutionnel.

L'espace public est celui du Droit[2] public et des Libertés publiques[3] : l'Agora. Il est le dénominateur commun[4]de tout ce qui rassemble, unit un ensemble particulier d'individus : les citoyens, personnes physiques, mais aussi les personnes morales – institutions, sociétés, associations… - au sein d'un territoire particulier – une nation -, c'est –à-dire un espace géographique délimités par des frontières, juridico-politiques, et soumis à la souveraineté d'un ordre particulier, l'État. Il est la convergence de la ressemblance, de l'appartenance. Il est l'Unité qui est elle-même unificatrice et qui, pour ce faire, dispose d'une force centripète particulière, l'autorité de l'État[5], et impose une identité nationale transcendant les particularités individuelles, qu'elles soient personnelles ou communautaires. Il est… la centralité[6], le milieu, l'anonymat individuel[7]. Il est cette moyenne particulière qui, dans le mythe fondateur de la démocratie bourgeoise, s'appelle la majorité dont la volonté fonde et légitime l'État  dans le cadre d'un contrat social.

L'espace privé est celui des droits privés et des libertés individuelles. A ce titre, il est à la fois matériel : le domicile ou, pour reprendre une expression archaïque mais, à mon sens, plus significative, le foyer et immatériel : la conscience individuelle et ses vertus spécifiques que sont les droits et libertés de l'individu tels que proclamés par les Droits des humains. L'espace privé est soit strictement individuel, celui de l'individu – c'est l'espace personnel -, soit collectif d'un groupement d'individus – c'est l'espace communautaire -. Il n'y a donc pas un mais une multitude – quasiment infinie – d'espaces individuels. L'espace privé, a contrario de l'espace public et, dans certains cas même, contre l'espace public[8], est le lieu – le siège – de l'Altérité, c'est-à-dire des différences, des particularités puisque, étant individuel, son essence est celle de l'Unicité. L'espace privé est situé à la périphérie de l'espace public et, notamment, de la centralité publique que constitue l'État. Potentiellement et, souvent, effectivement, il met en œuvre une force centrifuge en opposition ou réaction (défense) à la centralité publique, surtout lorsque celle-ci se veut… centralisation. C'est pourquoi, l'espace privé est souvent celui de la révolte quand l'espace public est celui de la révolution.

Il m'a semblé nécessaire de rappeler cette distinction, non pour en faire une analyse/critique libertaire[9], mais pour poser le cadre d'une vigoureuse protestation athée contre les ingérences religieuses dans l'espace public et les atteintes qui en résultent à mon espace privé personnel.

Dans les démocraties bourgeoises – ou, du moins, dans celles où il n'existe pas une Ø d'État -, cette distinction renvoie la Ø dans l'espace privé, qu'il s'agisse de celui des individus – les convictions religieuses dans le cadre de la liberté de conscience – ou de ces personnes morales privées[10] que sont les ordres religieux. En effet, dans de tels États, les Ø n'ont pas leur place dans l'espace public puisque, participant de convictions personnelles, elles sont constitutives de différences qui séparent, voire opposent et même affrontent quand, au contraire, l'espace public est le lieu du rassemblement, de l'unité, de la convergence, de la cohésion[11].

Or, force est de constater que, même dans ces États, les ingérences des Ø – et, plus précisément des ordres religieux – sont nombreuses et même systématiques alors qu'elles sont contraires au principe même de séparation de l'espace public et de l'espace personnel et que, en ce qui me concerne, en tant qu'individu, elles sont une atteinte inadmissible à mes droits individuels et, de ce fait, à ma liberté.

Passons en revue quelques-unes unes de ces ingérences en notant d'emblée qu'elles ne peuvent se faire qu'en raison de la complicité même des États quand ceux-ci n'hésitent pas à interdire et à réprimer d'autres (tentatives) d'ingérence comme le sont les manifestations d'opposition, de revendication, de contestation… de nature politique, sociale ou culturelle :

         le calendrier civil est, en fait, un calendrier religieux, et, pour être plus exact d'une Ø :

o       pourquoi accorder une signification particulière au jour du saigneur et considéré que c'est le jour du repos ? pourquoi un État qui se veut rassembleur privilégie-t-il une Ø en ignorant les autres ? quelle valeur particulière revêt le dimanche par rapport au vendredi des juifs, au samedi des musulmans ? à y regarder de plus près, toutes les Ø – y compris, par exemple, celle des adorateurs du poireau) doivent avoir un jour spécifique : pourquoi ne pas les prendre en compte, aussi, et en faire d'autres jours de repos ? pourquoi n'y aurait-il pas un jour de repos particulier qui serait celui des athées ? mais alors, en faisant la somme de tous ces jours de repos, ne faudrait-il pas reconnaître et établir une nouvelle Ø, celle de la paresse ?[12]

o       l'année est ponctuée de fêtes religieuses et, ici encore, d'une certaine Ø ; dés lors, les mêmes questions se posent.

o       l'année civile est organisée selon un calendrier qui n'est pas civil mais religieux. N'y a-t-il pas d'autre référence qu'un ukase papal – en l'occurrence celui de Grégoire XIII – pour établir un calendrier véritablement universel et, éviter ainsi, au sein d'un même pays ou dans les relations internationales ces cacophonies calendaires que sont les juxtapositions/contradictions/oppositions de calendriers religieux différents ?

o       pourquoi mesurer le temps en fonction d'un événement religieux qui n'est ni historique, ni universel ? n'est-ce pas considérer qu'avant cet événement c'était la non-histoire et que la seule et vraie histoire est celle d'une certaine Ø ? n'est-ce pas faire injure aux civilisations romaine, grecque, égyptienne, indienne, chinoise, africaines, aztèques… que de les reléguer dans le non-temps ? l'humanité a une histoire bien plus ancienne que celle de cette Ø puisque ses origines remontent à des millions d'années alors que dans la chronologie orthodoxe de cette secte la création ne remonte qu'à quelques milliers d'années ? pourquoi cet déférence, cette soumission à cet ordre religieux ? en acceptant de faire de son calendrier liturgique le calendrier universel des humains comme de la Terre n'est-ce pas considérer que sa vérité – qui n'est jamais qu'une imposture – est l'aune de toute vérité ?

o       pourquoi une société civile m'impose de rythmer ma vie en fonction d'un temps qui n'est pas le mien ni même celui de la société elle-même ou de la nature mais celui d'une Ø ? quelle est la nature véritable de cet État qui prétend m'imposer son autorité et m'oppresser et de me réprimer dans ma liberté : un ordre civil ou un  ordre religieux ? parce que je n'ai ni dieu, ni maître ni ma quotidienneté, ni mon histoire ne se reconnaissent ni dans la mesure, ni dans le rythme d'un temps qui n'est pas celui de la Vie mais d'un ordre religieux.

         la plupart des calendriers affectent à chaque jour un ou plusieurs saints[13] sur la base, non de convenances sociales – dont on pourrait largement débattre par ailleurs – mais d'une sorte de catalogue officiel établi par un ordre religieux[14] : de quel droit m'impose-t-on cette pratique religieuse ? pourquoi se croire obligé d'attribuer le nom - en une sorte de propriété personnelle -d'une sainte ou d'un saint à un jour et puis, d'abord, qui sont ces saints/es que je ne connais pas, dont j'ignore tout et que l'on ne m'a jamais présentés/es ? et puis qu'est-ce que la sainteté : un statut tel que défini par une loi ? une fonction sociale ? un événement historique ?… rien de tout cela : de la foutaise dont je n'ai strictement rien à faire[15].

         les transhumances de troupeaux que sont les processions et les pèlerinages de même que ces foires aux bestiaux que sont certains rassemblements comme les J.M.J. ne sont pas considérées comme des manifestations[16]. De ce fait, en la matière, et par dérogation au droit commun, non seulement il n'y a pas de restriction – déclaration ou autorisation préalable – mais encore il y a concours actif de la puissance publique qui, aux frais des contribuables – quand bien même parmi ceux-ci il y a, naturellement, des athées ! -, met gratuitement au service des organisateurs – les ordres religieux – toute une logistique publique – forces de police et de sécurité, transports publics, hébergement (et même, parfois, ravitaillement), détournement de la circulation automobile, privatisation ponctuelle d'espaces publics (voies de circulation, places, bâtiments…)… et, ainsi, se rend coupable de détournements de biens publics[17]. En ce qui me concerne personnellement, ces mouvements et concentrations de troupeaux :

o       me gênent en tant qu'usager de la voie publique et font ainsi obstacle à ma liberté de circulation et de déplacement,

o       agressent mon ouïe par leurs beuglements cacophoniques ponctués de mugissements de guerre que sont ces anathèmes baveux de haine lancés, comme de véritables menaces de mort ou appels au lynchage, contre des individus (les homosexuels, les femmes pratiquant une I.V.G….), des organisations (associations, partis…), des idées (la contraception, l'I.V.G.…), des principes (la Liberté en général)…,

o       offusquent mon esthétisme par la laideur et la vulgarité de leurs couleurs, de leurs symboles, de leurs colifichets…,

o       offensent mon intellect et la conception que j'ai de l'intelligence par la bestialité que constitue cette hystérie collective à trouver plaisir à sa vautrer dans le renoncement à l'humain,

o       me scandalisent et me révoltent par leur manipulation d'enfants que l'on initie impunément à cette fête à venir que sera leur holocauste dans cet abattoir génocidaire et ethnocidaire qu'est l'aliénation religieuse.

         les ordres religieux ont l'habitude de marteler leurs mascarades et autres pitreries de manifestations sonores qui, si elles étaient le fait d'individus, s'exposeraient à des poursuites et des sanctions pour tapage public. Pourquoi cette tolérance exclusive de l'État envers une certaine pollution sonore ? en quoi sa source religieuse est-elle un motif légitime de dérogation légale[18] ? Pourquoi les athées n'auraient-ils pas le droit de célébrer leurs rassemblements en diffusant, de jour comme de nuit, à l'aide de puissants hauts-parleurs, des chansons paillardes et en égrenant des chapelets de blasphèmes ? en quoi une messe est-elle supérieure à une ripaille ? quelle loi légitime les saints décibels ? si l'espace public est vraiment celui de l'union, de la rencontre, du rassemblement…, pourquoi tolérer que, au plan sonore, certains viennent en briser l'harmonie quand d'autres sont condamnés au silence ?

         l'École est cette institution et ce lieu où l'État exerce cette mission fondamentale de service public qu'est l'Éducation ; mission fondamentale parce qu'elle participe de la reproduction nationale – en particulier, c'est elle qui contribue à l'ancrage de l'identité nationale dans l'esprit des enfants, futurs citoyens, en la leur présentant comme leur identité – et qu'elle rassemble les individus dans ce qu'ils ont de commun au sein de l'espace public[19]. Dans un autre texte, j'ai traité des atteintes à la laïcité de l'École, je ne vais donc pas m'étendre sur ce sujet, sauf à citer quelques exemples d'ingérences religieuses : la falsification des manuels scolaires, des dictionnaires, des encyclopédies…afin de présenter les ordres religieux sous leur meilleur angle – celui qui ne laisse pas apparaître leur visage d'assassin, de génocidaire, d'ethnocidaire… -, les Ø comme des vérités historiques, la religiosité – croyance et pratiques – comme un élément naturel – à la fois inné et nécessaire – de la psychologie et de la sociologie humaine et, in fine, comme moteur et sens de l'Histoire humaine ; la dispense de cours d'enseignement religieux (catéchisme notamment)[20] dans l'enceinte et le temps scolaires de l'École publique, y compris par des fonctionnaires rémunérés par la puissance publique sur des fonds publics ; dans les cantines, l'élaboration de menus qui relèvent plus de la prescription religieuse que de la diététique… En outre, les États procèdent régulièrement à des détournements de fonds publics en faveur d'écoles privées confessionnelles dont la finalité est le prosélytisme et le conditionnement de l'esprit des enfants et qui, mettant l'accent sur les différences et non les ressemblances, vont à contre-courant de l'intention affichée de l'État bourgeois de réunir, de rassembler. En fait, les États font plus que détourner des fonds publics ; en distribuant à des fins privées des ressources fiscales prélevées sur les revenus des citoyens, quelles que soient leurs convictions, ils s'érigent en criminels et se comportent en bandit de grand chemin, en racketteur !

         dans de nombreux lieux publics : places, carrefours, bords de route, sommets de collines ou de montagnes… et même dans de nombreux bâtiments publics (tribunaux, hôpitaux…), les ordres religieux nous imposent leurs bondieuseries idolâtres et, notamment, leurs statues, leurs croix[21] – et autres figures géométriques -, leur pantin crucifié… Pourquoi les adorateurs du poireau ou les fidèles du Kama Sutra  n'auraient-ils pas le  droit  d'en faire de même avec l'objet de leur idolâtrie ? N'est-il pas curieux que ceux qui polluent notre environnement, urbain ou naturel, de leur sinistre morbidité sont les premiers à s'opposer à l'érection de statues géantes par certaines sectes au motif que ces constructions sont de véritables pollutions écologiques ?

         la toponymie – villes, villages, lieux-dits, rues, cours d'eau, pays, montagnes… - est littéralement infectée de la gangrène religieuse : de quel droit ce qui relève de l'espace privé et de la conscience individuelle est imposé – infligé – à l'espace collectif ? et si l'on considère que des personnes, individus ou groupements, des évènements, des mouvements… privés ont le droit d'envahir avec autant d'insolence l'espace public pourquoi ce même droit n'est pas reconnu aux victimes – individus, idées et théories – des ordres religieux ? pourquoi, en particulier l'athéisme et les athées en sont-ils proscrits comme de vils renégats ?

         nulle personne sensée ne pourrait se considérer comme propriétaire de la mort ; or, c'est pourtant bien ce que font les ordres religieux qui s'approprient les cimetières en y affichant ostensiblement leur marque de propriété – croix, croissants, étoiles, sculptures… ou qui procèdent au rapt d'agonisants, voire même de morts auxquels ils viennent imposer leur secours malgré le silence des intéressés – et pour cause ! – et sans même solliciter l'avis des proches !

         la présence dans certains établissements publics – hôpitaux, hospices, orphelinats, prisons…– de représentants d'ordres religieux, qui se fait toujours avec la complicité active de la puissance publique, constitue une autre ingérence : elle est autant publicité sur le lieu de vente, qu'exploitation éhontée de la souffrance et de la misère, abus de confiance, viol de conscience, détournement de publics captifs…

         les États bourgeois reconnaissent le comme une souveraineté nationale, un État.  Dés lors, les déambulations de Gépétou se font aux frais des contribuables et aux dépens des usagers de l'espace public qui peuvent s'en voire provisoirement exclus pour préserver la sécurité sismique pontife. Pourquoi ce traitement de faveur accordé à la secte vaticanesque ? pourquoi ne pas considérer que le siège social de tous les ordres religieux sont aussi des États ? pourquoi une Union mondiale des Athées ne pourrait prétendre à un tel régime ? il est un principe désormais acquis en droit international celui de la continuité de la responsabilité des États : comment peut-on accueillir avec les honneurs d'une puissance souveraine le Chef d'un État qui a érigé le terrorisme en politique d'État et qui continue de la pratiquer sans vergogne ? et qui accueille-t-on au fait : le berger d'un troupeau de victimes ou le chef d'une mafia criminelle ?

         bien que relevant de l'espace privée, les croyances et pratiques religieuses et, bien entendu, les gesticulations et diarrhées verbales des croyants et, surtout, de leurs chefs, sont traités comme des faits publics et étalés à la une des médias publics, c'est-à-dire d'État ? et quand bien même ces médias sont privés, de quel droit nous présente-t-on ces affaires privées comme de l'actualité publique, voire même de l'Histoire ? pourquoi le pet de travers de Gépétou est-il une actualité publique quand la mort d'un S.D.F., le suicide d'un chômeur, la condamnation à mort d'un blasphémateur, le viol d'une femme, l'assassinat aux prélèvements d'organes d'un enfant d'une favela… sont considérés comme des affaires privées et, de ce fait, soumis au traitement du… silence ? pourquoi un conclave de vieillards tremblotants dont la seule infaillibilité est celle de la sénilité serait un fait d'actualité, d'Histoire et un congrès mondial de libres penseurs une… réunion privée ? en quoi un  pèlerinage, quand bien même il rassemblerait des millions d'ouailles, est digne de l'éclairage médiatique alors qu'un humble rassemblement destiné à honorer la mémoire d'une victime de la criminalité religieuse n'a d'autre écho que le silence, le mépris des médias ? de qui se moque-t-on ? pourquoi considérer comme légitime ce détournement de fonds publics au profit des services commerciaux des ordres religieux ?

         l'espace public est celui des libertés publiques où, théoriquement, les libertés individuelles n'ont d'autre limite que celle de l'ordre public : pourtant il est courant de constater que la puissance publique se rend complice d'une autre ingérence religieuse en frappant de censure et de sanction des expressions individuelles librement exprimées qui, sans pour autant porter atteinte à l'ordre public, ont le tort de nuire ou, simplement, de déplaire à des ordres religieux ? au regard du Droit public, quel est le fondement juridique du délit ou du crime de blasphème ? aucun et, pourtant, en requalifiant des plaintes pour blasphème en plaintes pour insulte et offense, des tribunaux publics censurent et sanctionnent des artistes, des œuvres artistiques, des publications, des journalistes, des partis, des associations, de simples individus… tandis que les États donnent de leurs polices comme autant de bras séculiers[22] d'ores religieux ? pourquoi affirmer l'inexistence de serait un blasphème ou, pour le moins, une injure, une insulte quand, par leurs positions au sujet de problèmes bien humains – le contrôle des naissances, le droit à disposer librement de son corps et, in fine de sa vie, le droit de choisir sa sexualité, le port du préservatif… - les ordres religieux blasphèment contre l'humain, insultent les victimes de leurs interdits, offensent les humains dans leur dignité, leurs droits et leur liberté ?

         de nombreuses politiques bien que dites publiques – Santé, Éducation, Sécurité, Culture[23]… - subissent régulièrement des ingérences religieuses au point de ne pouvoir être mises en œuvre ou bien de ne l'être que de façon limitée en toute conformité orthodoxe avec les théologies religieuses et, ainsi, d'être complètement dénaturée et de ne plus être à la hauteur des ambitions affichées et des objectifs fixés.

Je pourrais continuer cette liste d'ingérences religieuses dans l'espace public tant elles sont nombreuses. Ce faisant, ces ingérences sont autant de viols d'espaces privés. Ainsi, par exemple, en limitant, voire interdisant dans l'espace public une liberté privée d'expression qui, sans pour autant troubler l'ordre public, a le tort d'affronter de plein fouet l'oppression religieuse, elles sont bien des atteintes à ces Droits, naturels, universels et inaliénables, reconnus à tous les humains et parmi lesquels figurent notamment la liberté de conscience et d'expression !

En fait, toutes ces ingérences religieuses ne peuvent se faire qu'avec la complicité active ou passive de l'État puisque celui-ci  est, légalement, le gardien  de l'ordre public. En se mettant au service d'une particularité contre la généralité, d'un ordre religieux contre les individus, les États se rendent coupables d'un abus de droit au regard de ce Droit dont ils prétendent être à la fois le serviteur et le protecteur et sur lequel ils fondent leur légalité[24].

Or, au regard de l'Histoire et des droits des humains, un abus de droit commis par un État est constitutif  d'un acte de tyrannie et l'abus répété de droit de la tyrannie. La Déclaration des droits de l'Homme de 1793 précisait :

         Article 33 : La résistance à l'oppression est la conséquence des autres droits de l'homme.

         Article 34 : Il y a oppression contre le corps social lorsqu'un seul de ses membres est opprimé. Il y a oppression contre chaque membre lorsque le corps social est opprimé.

         Article 35 : Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs.

A l'oppression et la répression religieuses que représentent les ingérences des ordres religieux dans l'espace public correspondent l'oppression et la répression publiques – étatiques – d' ordres publics – les États -  érigés en tyrannie[25] au regard même de leur Droit.

Dés lors, combattre ces ingérences, c'est nécessairement combattre la complicité qui les autorisent et, pire encore, qui les légalisent. Un tel combat se fonde sur le plus sacré des droits et le plus indispensables des devoirs : l'insurrection !

Certes, pour les athées, il ne s'agit pas de donner à cette insurrection une forme armée mais d'user de tous les moyens de Droit et de pression extra-légale (mais non-violente) :

         soit pour faire cesser ces ingérences et pour faire juger et condamner la complicité des États

         soit, en se prévalant d'une constante jurisprudence ou, pour le moins, du privilège d'une coutume dûment établie, pour obtenir les mêmes passe-droits que les ordres religieux afin que l'athéisme et les athées aient aussi droit de Cité et que leur ingérence dans l'espace public soit légitimée et légalisée.

Vaste combat qui, a priori, ressemblerait à celui du pot de terre contre le pot de fer ! Mais l'enjeu est de taille puisqu'il y va de la liberté de conscience et d'expression et, a-delà, plus globalement, de la dignité humaine ! Or, face à un tel enjeu, les seuls combats qui seront perdus sont ceux qui… ne seront pas ni engagés, ni menés !



[1] La Laïcité, du moins dans sa conception française, utilise le terme de sphère. Pour ma part, je préfère celui d'espace qui me semble plus parlant au regard de la Liberté et de l'Urbanité – la Cité -.

[2] Droit qui comporte aussi bien des droits que des devoirs, des autorisations que des interdictions et qui s'assortit de sanctions.

[3] Mais, aussi, de toutes les limitations et interdictions apportées aux libertés des gens.

[4] Le plus grand ou le plus petit !

[5] Autorité constitutive de ces deux forces que sont l'oppression et la répression.

[6] Y compris dans ses formes les plus poussées comme le jacobinisme, le totalitarisme…

[7] Au sens d'occultation des différences individuelles.

[8] Et, plus précisément, contre l'État (cf. les minorités qu'elles soient ethniques, culturelles, religieuses, linguistiques, sociales, politiques…).

[9] Et il y a de quoi faire !

[10] De nature et de droit.

[11] Et non nécessairement de la cohérence !

[12] Et pourquoi une semaine est de sept jours et pas de cinq, de dix… ?

[13] Et qui sont-ils/elles ces saints/es que je ne connais pas, dont j'ignore tout et que l'on ne m'a jamais présentés/es ?

[14] Il y a peu encore en France l'État civil refusait d'enregistrer les prénoms ne figurant pas sur ce catalogue !

[15] Pour ne plus subir cette ingérence, cela fait des années que j'utilise des calendriers électroniques où ne figurent que le nom et la date du jour : ni saint/e, ni fête religieuse ; en somme, de vrais calendriers laïques (C'est le cas d'Outlook : décidément, et si Bill Gates était athée ?).

[16] Au regard de l'ordre public, du droit – notamment pénal -, de la volonté du prince et de l'appareil oppressif et répressif d'État, une manifestation est un défilé, cortège, rassemblement… tendant à exprimer collectivement et publiquement des opinions, généralement politiques, et, éventuellement, des revendications. Même si une manifestation n'est pas nécessairement d'opposition, puisqu'elle peut être aussi de soutien, les manifestations sont soumises à un régime – légal, réglementaire ou, simplement, arbitraire et policier – de déclaration, voire d'autorisation préalable justifiant d'éventuelles interdictions et, en conséquence, des arrestations et condamnations pour infraction.

[17] Cette tolérance des États s'étend d'ailleurs aux manifestations, au sens légal du terme, qu'organisent parfois les ordres religieux. Ainsi, par exemple, non seulement les commandos anti-IVG ne sont ni interceptés, ni arrêtés alors même qu'ils entrent par effraction dans des bâtiments, publics ou privés, qu'ils se livrent à des destructions de biens et à des agressions – allant jusqu'à l'assassinat – de personnes, ni poursuivis et, a fortiori condamnés, mais encore ils bénéficient de la protection policière contre les citoyens qui, au nom de la Loi et des Droits des humains que les États laissent ainsi violer, tentent de s'oppose à leurs agissements délictuels et, plus précisément,  criminels !

[18] On notera que ceux-là même qui polluent la Cité du vacarme de leurs cloches sont les premiers à s'opposer à la construction d'une mosquée au motif que les appels du muezzin vont causer une pollution sonore contraire à la Loi !

[19] L'École est par ailleurs l'appareil d'oppressif primaire – et le plus discret – de l'État !

[20] Qui n'ont rien à voir avec l'histoire des Ø et des ordres religieux.

[21] Chez les Romains, la croix était un instrument de torture et de mise à mort. N'est-ce pas d'une morbidité malsaine que d'exposer un tel instrument ? que diraient nos ouailles vaticanesque si, en de tels lieux et dans de tels bâtiments, on exposait avec ostentation des gibets, des guillotines, des pals, des chaises électriques, des roues… ? lorsque ces croix s'enrichissent de leur guignol favori, n'est-ce pas tout de même franchement pathologique que d'exposer une scène de mise à mort ? quel est le mériteunique et universel - de ce crucifié (éventuel qui plus est) ? les femmes et les hommes que les ordres religieux ont mis/es à mort et continuent de mettre à mort sont-ils déméritants/es au point d'être assassinés/es une seconde fois par leur relégation dans le silence de l'oubli [Un tel oubli fait, comme par hasard, partie des falsifications évoquées précédemment] ?

[22] Et, plus précisément, de matraques séculières !

[23] En matière de politique culturelle un exemple frappant : celui des bibliothèques publiques au sein desquelles les Ø sont omniprésentes alors que l'athéisme y est désespérément… absent !

[24] Et, pour être plus précis, la légalité de leur oppression et de leur répression.

[25] En la matière, la solidarité joue à fond entre les ordres !


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