Réflexions
personnelles sur le choix
Il est courant de considérer
qu'un choix est la résultante d'une alternative dont les deux termes sont
exclusifs l'un de l'autre.
Je ne suis pas tout à fait
d'accord. En effet, s'il peut arriver que l'on soit dans une situation
exceptionnelle ("extrême") d'exclusion mutuelle, la plupart du temps,
à y regarder de plus près, il n'y a pas véritablement d'exclusion :
Ainsi, on peut choisir les deux
termes de l'alternative en les réalisant… successivement. Exemple : au lieu
de choisir entre la promenade en voiture ou en vélo, je peux décider de
mettre le vélo sur le toi de la voiture, de faire en voiture une première
promenade qui me conduira à la campagne et, là, de faire une balade à vélo.
Mais, souvent, la possibilité
est d'opter pour les deux termes… simultanément sans pour autant que cela
constitue une contradiction. Mais, avant d'illustrer cette option de choix, pour
bien montrer qu'elle peut être ni incohérente, ni contradictoire, il convient
de rappeler que "choisir" (du gotique kausjan,… goûter)
signifie originellement "adopter par préférence, sélectionner, élire et
que le terme "choix" désigne en même temps l'action de choisir et
son résultat (l'ensemble des éléments sélectionnés). Autrement dit, le
"choix" ne renvoie pas nécessairement à une alternative d'exclusion
("ou…, ou…) et choisir, ce n'est pas forcément… exclure.
Ainsi, il n'est ni incohérent,
ni contradictoire :
- de lutter pour l'abolition du travail salarié et rémunéré,
autrement dit de tout système fondé sur l'exploitation de la majorité par
une minorité et, au-delà, de l'ordre – de tout ordre – afin
d'instaurer l'anarchie et, en même temps, de lutter pour préserver
son "travail" – son emploi, sa source de revenu – lorsque
celui-ci est menacé, et même pour tenter de maximiser le revenu tiré de
ce "travail" même si, à l'évidence, dans un régime
d'exploitation, le "profit du travail" est voué à être la part
congrue – et même… rétrecissante – du capital - ;
- de combattre l'ordre en place - et donc l'état,
le Droit, la "représentation démocratique" déchargeant le
mandataire de toute responsabilité et de toute obligation à l'égard de
ses mandats et le mettant à l'abri de toute révocation, l'Armée… - en
vue de l'abolir et d'instaurer l'anarchie et, en même temps, de se
servir des "armes" offertes par cet ordre – le Droit à travers,
en particulier, la Constitution, la Déclaration Universelle des Droits de
l'Homme et ses textes subséquents, la jurisprudence mais aussi la
"morale", les "valeurs républicaines et démocratiques"…
- pour chercher à se préserver des abus de cet ordre tels qu'ils peuvent
être dénoncés au regard de son fondement juridique, pour "résister"
à l'oppression et à la répression, faire
"avancer certaines causes"… ;
- d'être pacifiste et donc opposé(e) à l'Armée et
à la Guerre et, en même temps, de prendre les armes contre la
tyrannie (pour mémoire, la Déclaration montagnarde des Droits de l'Homme
considérait que la résistance (armée) à la tyrannie était non seulement
un droit mais aussi un… devoir) ;
- de soutenir une guerre d'indépendance nationale menée
par un pays occupé, une minorité opprimée et, en même temps, d'être
internationaliste (parce qu'anarchiste) et donc opposé(e) au principe et, a
fortiori, à la réalité (étatique) de la nationalité et de se donner
pour projet d'abattre l'état
national (et, souvent, nationaliste) né de cette lutte
pour l'indépendance ;
- …
J'ajouterai qu'il existe une
autre exception à l'exclusion sélective évoquée en premier : l'exclusion intégrale
qui, elle, rejette, les deux termes de l'alternative. Ainsi, il est faux de dire
que l'on doit choisir entre la peste (la droite dite parlementaire, républicaine…)
et le choléra (l'extrême droite) [N.B. N'étant pas dogmatique, j'admets très
bien que l'on qualifie la première de choléra et la seconde de peste !]. On
peut très bien choisir, librement, de rejeter l'une et l'autre !
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