Sus aux croyants ![1]
Luis Carlos Fernández
La
philosophie en tant que science n'a absolument rien à faire avec ce qui doit ou
peut être cru ; mais seulement avec ce qu'on peut savoir. Si maintenant ce
savoir devait être également tout autre chose que ce que l'on doit croire, ce
ne serait pas un inconvénient pour la foi elle-même : elle est foi parce
qu'elle enseigne ce que l'on ne peut savoir. Si l'on pouvait le savoir, la foi
s'en trouverait inutile et ridicule, comme si en quelque sorte une doctrine de
la foi était établie dans le domaine mathématique. Schopenhauer
Rien
n'illustre mieux la progressive extinction des Lumières que notre mansuétude
envers l'inquiétante vitalité de l'esprit religieux. Bien malin qui saurait
dire comment et pourquoi la critique radicale de ce dernier en est venue à
constituer l'ultime tabou sous des cieux où pratiquement tout le reste est
permis. Mais c'est un fait que chacun peut aisément vérifier - quoiqu'à ses
risques et périls. Car si un zeste d'anticléricalisme est sans doute
encore de bon ton (au-delà, ça fait énergumène, bouffeur primaire de curé),
énoncer, par exemple, que la croyance religieuse est une anomalie cognitive
pluriséculaire (ce qui relèverait quasiment du truisme pour tout libre
penseur), vous ferait partout clouer au pilori. D'où que l'on doive saluer le
courage des rares qui osent dire ce genre de chose noir sur blanc. J'ignore ce
que vaut le tout récent Traité d'athéologie du prolifique Michel
Onfray. Mais j'ai lu avec intérêt, profit et grande stupéfaction parfois The
End of Faith[2],
premier titre du jeune philosophe américain Sam Harris.
Les fleurs d'abord. Dans une prose
claire, directe, bien servie par le sens de la formule et teintée d'humour grinçant,
Harris instruit le procès de la religion, dont il montre de façon convaincante
le potentiel destructeur. Évitant le raccourci pamphlétaire, il livre un réquisitoire
solidement documenté qui n'épargne aucun dogme, mais qui, pour des raisons
dont la sanglante évidence ne peut plus être niée, réserve une place de
choix à l'islam. Une charge d'autant mieux venue qu'elle fait apparaître les
valeurs de "tolérance" et de "respect" en la matière pour
ce qu'elles sont le plus souvent : les tristes oripeaux d'une raison "en
exil".
C'est
par souci d'exactitude, et nullement par goût de la provocation, que je viens
de qualifier la croyance religieuse d'anomalie cognitive pluriséculaire. Car
est-ce bien normal qu'une telle inclination (non moins aberrante du reste
que la croyance au paranormal, et à tant d'autres idées du même acabit) soit
encore si répandue dans un monde occidental dont l'évolution, depuis
Prenons le cas de la foi chrétienne
aux États-Unis. On sait que la population de la première puissance
technoscientifique mondiale compte, en ce début du troisième millénaire, 35 %
de croyants pour qui
On se
souviendra que l'État québécois n'entreprit la déconfessionnalisation de son
réseau scolaire qu'en 2000, et qu'il n'hésita pas à déroger aux Chartes
provinciale et fédérale de droits et libertés de la personne pendant les cinq
années à venir pour permettre aux confessions catholique et protestante de
poursuivre à l'école publique leur oeuvre d'endoctrinement. C'était, à la
fois, une mesure grossièrement discriminatoire (puisque l'enceinte scolaire
demeurait interdite aux cultes rivaux), une collusoire concession aux
adversaires de la laïcité, et un moratoire honteux pendant lequel le ministère
de l'Éducation était censé bâtir les cours "d'éthique et de culture
religieuse" qui devaient supplanter l'enseignement doctrinal en 2005 ; des
cours destinés, notons-le bien, à des gamins que l'école ne sait plus alphabétiser
proprement et auxquels elle se montre, a fortiori, incapable d'apprendre
à penser, mais qu'il serait néanmoins impératif d'abreuver de culturelles
bondieuseries, en accordant une attention toute particulière - et extrêmement
respectueuse - à celles qui ont façonné le Québec. En mai 2005, le ministère
de cette drôle d'Éducation a fait savoir que ses fonctionnaires[5]
- trop requis sans doute par la planification du crétinisme de masse à
laquelle ils travaillent sans relâche depuis quatre décennies - n'ont pu
mettre au point le nouveau cursus. On jouera donc de l'infâme clause dérogatoire
pendant encore trois ans. Mais en 2008 - c'est apparemment coulé dans le béton
légal - notre système scolaire sera enfin vraiment laïque. Il ne faut bien sûr
rien en croire, pour deux raisons. Il s'agira d'une "laïcité à la québécoise",
laquelle - explique Louis Rousseau, professeur du département des
"sciences" religieuses de l'UQAM - "ne refoule pas la différence
religieuse en dehors de l'espace public, comme le fait la tradition française"
mais "en aménage la présence avec souplesse[6].";
on aura donc droit à une variante frelatée de la seule laïcité qui vaille,
dont bien peu de nos concitoyens semblent vouloir. Et, plus décisivement, la
nouvelle pédagogie acritique du "fait religieux" ne sera,
quant à elle, qu'une cryptocathéchèse.
Ce que Dieu a de plus préoccupant,
c'est qu'il y a en de multiples représentations, chacune s'affirmant comme la
seule véritable et dictant un code de conduite qui rejette tous les autres dans
les ténèbres de l'hérésie. La coexistence pacifique des credos est par conséquent
une option sur laquelle l'Histoire enseigne qu'il n'est pas bien sage de parier
gros. Harris rappelle à cet égard que les affrontements religieux dont
Obligez
à vivre ensemble, avec des ressources limitées, des gens qui entretiennent des
idées invérifiables, divergentes et irréconciliables sur ce qui se passe après
la mort. Il en résultera exactement ce que nous voyons : un cycle interminable
de meurtres et de cessez-le-feu. S'il y a un enseignement historique que l'on
puisse tenir pour absolument vrai, c'est bien que le désintérêt pour la
preuve mène les hommes au pire. Ajoutez des armes de destruction massive à ce
mécanisme infernal et vous aurez de quoi provoquer l'effondrement de la
civilisation[i].
Il est
vrai que seul l'intégrisme (le fondamentalisme) religieux peut conduire à de
telles impasses, et qu'il serait donc injuste de pareillement honnir extrémistes
et modérés. Mais peut-on absoudre ces derniers pour autant ? Harris estime
qu'on ne le devrait surtout pas, car la modération est bien loin de constituer
un rempart contre la violence meurtrière dont l'extrémisme est la source. L'idéal
de tolérance qu'épousent les croyants modérés (et bon nombre d'agnostiques
également) interdit toute critique conséquente du fondamentalisme, qui, dans
cette perspective, est une façon non moins respectable que les autres d'exercer
la liberté de croire. Le partisan de la tolérance en matière de foi
religieuse ne saurait donc taxer de " fou " celui qui embrasse un
dogme sans réserve - qu'est-ce au fond qu'un intégriste sinon un vrai
croyant, quelqu'un qui tient pour absolument vrais l'esprit et la lettre du
texte sacré ? Et il ne peut davantage crier à l'égarement théologique,
puisque le fondamentaliste est un imbattable exégète. Au plan de la foi, le
tolérant est un tiède qui répudie seulement les conséquences temporelles de
l'extrême ferveur ; un double traître en somme : à la foi en quelque sorte
parce que croyant frileux, et à la raison pleinement parce que croyant tout
court. Cette délétère inhibition de l'esprit critique est particulièrement
marquée au sein de la communauté musulmane. Commentant le dernier épisode de
l'affaire française du voile islamique, Louis-Bernard Robitaille écrivait ceci
:
[…]
le problème spécifique à l'islam tient à ce fait fondamental que, pour
l'instant, aucune autorité religieuse ou politique de la communauté ne peut ni
ne veut assumer le risque de proclamer le droit absolu à la liberté de
conscience, au pluralisme et même à l'athéisme. […] il est désormais
difficile sinon impossible pour un Français d'origine musulmane ou classé
comme musulman d'échapper à la loi dominante de la communauté et de se déclarer
agnostique ou athée. Un Français d'origine algérienne ou marocaine aura même
la plus grande difficulté, à sa mort, à se faire enterrer en dehors des
cimetières musulmans. […] parmi les pratiquants assidus tenus pour " modérés
", à l'instar du recteur de la mosquée de Paris, centriste par
excellence, presque tous considèrent que tout citoyen né en milieu musulman a
des devoirs de respect ou de réserve en matière religieuse. Pour ne pas dire
des devoirs de conformité. Et il faut constater que cette obligation est plutôt
bien intériorisée par la quasi-totalité de la communauté. Demandez, juste
pour voir, à des romanciers ou universitaires d'origine marocaine ou algérienne
- à Tahar Ben Jelloun, par exemple, Prix Goncourt 1988 - de dénoncer sur la
place publique les ingérences des autorités islamiques dans la vie quotidienne
des musulmans, ou de proclamer le droit de chacun à l'agnosticisme, et vous
verrez le résultat[7].
S'il
en est ainsi en France, on comprend qu'il n'y ait point de contrée islamique où
l'épithète " modéré " puisse honnêtement s'écrire sans
guillemets ; aucune où, pour le dire autrement, le vocable " modération
" ne soit, au mieux, synonyme d'autocensure au sens le plus orwellien du
terme. A-t-on souvenir que des condamnations véhémentes du terrorisme
islamiste aient été proférées publiquement par des musulmans pieux en terre
d'islam, ou que des voix fortes se soient élevées parmi eux pour dénoncer la
mise à prix des têtes mécréantes de Salman Rushdie et Taslima Nasreen - pour
ne nommer que ces " fatwasés " bien connus ? Du côté des
commentateurs occidentaux des attentats suicides qui ne cessent de défrayer la
chronique, on constate une tendance à s'attarder aux motifs sociopolitiques de
ces opérations et à en effleurer (ou à carrément passer sous silence) le
carburant religieux, sans lequel, pourtant, le geste d'auto-immolation est
rigoureusement incompréhensible.
La
montée du fanatisme religieux oblige à se demander si le monde n'aurait échappé
à l'angoisse de la guerre froide que pour tomber dans la hantise d'une guerre
sainte chauffée à blanc par la technologie nucléaire, dont on sait la
croissante accessibilité. On comprendra qu'ayant saisi la situation dans toute
son inextricable gravité, Harris ne trouve pas extrêmement probable le sursaut
de lucidité dont nous devrions être capables pour sérieusement oeuvrer à en
sortir.
***
Si
notre philosophe s'en était tenu au renouvellement de l'argumentaire
antireligieux en documentant les ravages actuels de la foi, son entreprise -
combien salutaire - aurait déjà largement mérité de voir le jour. Mais il a,
hélas, donné à celle-ci une portée réflexive plus ambitieuse qui nous vaut
quelques moments de grande perplexité ; ce sont, notamment : la critique
bancale de la " déraison gauchiste " dont Noam Chomsky serait la
parfaite incarnation ; l'usage inutile et inconséquent des termes "
mysticisme " et " spiritualité " ; d'étranges conclusions que
l'auteur croit pouvoir tirer des neurosciences, domaine où il fait un doctorat.
L'auteur de The End of Faith
ne montre aucune complaisance envers les politiques intérieure et extérieure
de son pays, où la très puissante droite religieuse ferait régner une atmosphère
de théocratie. Mais s'il estime comme Chomsky que les États-Unis font des
choses abominables, il rejette, contrairement à ce dernier, l'idée d'une
quelconque équivalence morale entre des gestes tels que les sanctions économiques
imposées à l'Irak (ayant entraîné la mort d'un demi-million d'enfants - une
conséquence fâcheuse, mais acceptable, dixit
Chomsky
pourrait objecter que mettre sciemment en péril la vie d'un enfant n'est
acceptable en aucun cas, mais, de toute évidence, ceci est un principe qu'on ne
peut suivre. Les fabricants de montagnes russes, par exemple, savent que, malgré
toutes les précautions qu'on puisse prendre, un jour, quelque part, un enfant
sera tué par l'un de leurs engins. Les fabricants de voitures le savent aussi,
de même que les fabricants de bâtons de hockey, de battes de base-ball, de
sacs de plastic, de piscines, de clôtures ou de quoi que ce soit qui puisse le
moindrement contribuer au décès d'un enfant. Ce n'est pas pour rien que nous
n'appelons pas " atrocités sportives " les inévitables morts
enfantines sur nos pentes de ski. Mais vous ne vous en douteriez pas en lisant
Chomsky, pour qui l'intention ne semble pas compter : seul le nombre de victimes
importe[ii].
Peut-on
assimiler les conséquences malheureuses d'activités récréatives - dont
chacun assume librement les risques - à des dommages collatéraux ? Dans le
paragraphe qui précède l'extrait ci-dessus, Harris donne cet exemple de
dommage collatéral : tuer par mégarde un enfant en essayant d'appréhender ou
d'abattre son kidnappeur ; mais l'opération policière dont on ne peut
exclure qu'elle puisse mal tourner est-elle vraiment du même ordre que le
raid aérien dont on sait qu'il " endommagera collatéralement
" un certain nombre de civils ? Quelles " intentions " notre liberal
democrat prête-t-il au pouvoir étatique étasunien ? Le fougueux
philosophe ne mentionne les létales punitions économiques infligées à l'Irak
que pour mieux s'abstenir de les commenter ; et pour cause : la sidérante déclaration
d'Albright montre assez le gabarit moral de l'administration Clinton, laquelle
ne pouvait ignorer non plus que la destruction de l'usine de Shifa (soupçonnée
à tort de servir à la fabrication d'armes biologiques) priverait
mortellement la population soudanaise de médicaments essentiels.
Le
dossier religieux ne serait pas entièrement noir. La foi console, unit, apporte
calme et sérénité, paraît-il ; elle serait donc tuante au propre et
vivifiante au figuré. Peut-être, mais il n'y pas un seul de ses bienfaits
qu'un humanisme strictement laïque et rationnel ne puisse dispenser. Selon
Harris - qui s'y adonne - , la pratique de la méditation répondrait pleinement
à nos aspirations mystiques et comblerait avantageusement nos besoins
spirituels. C'est bien possible, mais pourquoi diable utiliser des épithètes
aussi douteux quand on est un agnostique militant ?
Le
terme "spiritualité" semble s'imposer ici - je m'en suis déjà servi
à plusieurs reprises - mais il a des connotations franchement gênantes.
"Mysticisme" a sans doute plus de poids, mais il n'est pas exempt non
plus de résonances malencontreuses. […] J'utiliserai indifféremment
"spiritualité" et "mysticisme", car il n'y a pas d'autres
options, mais le lecteur doit garder à l'esprit que j'en use au sens étroit[iii].
Pas de
choix terminologique ? Mais si, et l'auteur l'offre lui-même quatre pages plus
loin :
L'exploration
directe de la conscience par introspection prolongée n'est qu'une autre façon
de désigner la pratique spirituelle[iv].
Va
donc pour introspection, méditation, exploration affective, qui disent
simplement et sans reste ce que font au juste les gens qui cultivent leur "
spiritualité ".
Puisque ma prochaine contribution
sera entièrement consacrée aux bévues conceptuelles qui parasitent la littérature
neuroscientifique, je me contenterai d'un mot sur celles que contient The End
of Faith. Comme la quasi totalité des auteurs, philosophes ou savants,
Harris donne dans la personnification outrée de la matière grise :
Le
cerveau humain est un prolifique générateur de croyances au sujet du monde. En
fait, le caractère proprement humain de tout cerveau d'homme réside largement
dans son aptitude à évaluer de nouveaux énoncés de vérité propositionnelle
à la lumière de ceux, innombrables, qu'il accepte déjà. […] Ce n'est pas
tant par ce qu'ils sont que par ce qu'ils font que les neurones voient,
entendent, flairent, goûtent, touchent, pensent et ressentent[v].
C'est
qu'il est impossible d'ouvrir un quelconque ouvrage du vaste rayon neurosciences
sans se croire aussitôt transporté au Pays des merveilles, où même de
minuscules neurones font absolument tout ce que dans le monde plat du lecteur
sensé ne peut être accompli que par leurs propriétaires. (Ce serait
charitable mais faux de conclure qu'il s'agit là seulement d'une curieuse façon
de parler). Outre cela, on se heurte à des réflexions sur le problème de la
conscience d'un spiritualisme bien déroutant :
La
plupart des scientifiques se déclarent physicalistes ; ceci veut dire entre
autres qu'ils croient que la vie mentale et spirituelle est entièrement dépendante
du fonctionnement du cerveau. De sorte que, lorsque le cerveau meurt, on cesse
d'être. Rien ne survivrait à l'extinction des feux de notre activité cérébrale.
Beaucoup de scientifiques véhiculent, en effet, cette conviction comme s'il
s'agissait d'un sacrement particulier susceptible de rendre intellectuellement
intègre quiconque - homme, femme ou enfant - a le courage de l'adopter. […]
Mais la vérité est que nous ne savons tout simplement ce qui arrive après la
mort[vi].
Mais
enfin, l'observation du moindre trépas ne donne-t-elle pas sérieusement à
penser que lorsque les batteries neuronales d'un vivant s'épuisent, il ne reste
de ce dernier que le cadavre - qui, laissé à lui-même, ne tardera pas à
disparaître à son tour ? Bien sûr, nous ne savons pas que la conscience
immortelle (moderne avatar de l'âme), Dieu ou les centaures albinos n'existent
pas, puisque l'inexistence de ce genre d'entité ne peut-être démontrée. Mais
céder au charme de l'indémontrable n'est-ce pas un signe patent de crédulité
?
Harris
s'égare donc à mes yeux ici et là, mais c'est sans conséquence pour ce que
son ouvrage me semble rappeler avec force, et que j'énoncerais ainsi : croire
n'est pas supposer[8]
; entre la conjecture et l'acte de foi, il y a un insondable abîme au fond
duquel gît la raison.
Lectures :
- Les nouveaux rédempteurs. Le fondamentalisme protestant aux Etats-Unis Mokhtar Ben Barka
- L'Amérique entre
- Les créationnistes. Jacques Arnould
- Science et religion. Bertrand Russell
- L'invention du Christ. Maurice Sachot
- Jésus contre Jésus. G Mordillat, J Prieur
- Dieu face à la science. Claude Allègre
- Le Seigneur des tribus. L'Islam de Mahomet. Jacqueline Chabbi
- Traité d'athéologie. Michel Onfray
- Traité des trois imposteurs : Moise, Jésus, Mahomet. Collectif
- Les 12 preuves de l'inexistence de Dieu. Sébastien Faure
- Cours accéléré d'athéisme. Antonio Lopez Campillo, Juan Ignacio Ferreras
[1] Source : http://charlatans.free.fr/sus-aux-croyants.shtml
(Paru dans Liberté, n° 269, septembre 2005, p. 171-181)
[2]
Sous-intitulé : Religion, Terror,
and the Future of Reason (New York : Norton, 2004). A
lire aussi, toutes affaires cessantes, l'excellent dossier " Qu'est-ce
que croire ? ", Agone, nº 23, 2000.
[3] Voir H. Jordon, " Literacy of 90 Million is Deficient ", Washington Post, sept. 9, 1993. p. A1, A15 . Puisque l'illettrisme et la bigoterie s'épanouissent au pays de l'oncle Sam, on ne sera pas surpris d'apprendre que la plupart de ses habitants ne lisent même pas une œuvre littéraire par an, mais que la consommation d'écrits chrétiens évangéliques, en revanche, y atteint des sommets (" SOS lecture aux États-Unis ", Le Monde des livres, 25 février 2005, II).
[4] Mais infime chez les grands scientifiques ( cf. Edward J. Larson et Larry Witham, Leading scientists still reject God, Nature 394, 313, 23 July 1998 ).
[5] Pour une critique récente des œuvres de cette nuisible bureaucratie, voir Normand Baillargeon, "L'Ordre du Temple Scolaire ", Le Couac, avril 2005, p. 1.
[6] "Le retour de l'école ethnique ou le clientélisme d'État", Le Devoir, 18 janvier 2005, p. A7
[7]
"L'énigme du voile islamique",
[8] N'en déplaise aux auteurs de "L'hypothèse Dieu", dossier que Liberté faisait paraître il y a vingt ans. Qui, en effet, pourrait émettre une telle hypothèse ? Pas le croyant, par définition, et pas davantage l'athée ou l'agnostique conséquent !
[i]
Ma traduction - Give
people divergent, irreconcilable, and untestable notions about what happens
after death, and then oblige them to live together with limited resources.
The result is just what we see : an unending cycle of murder and cease-fire.
If history reveals any categorical truth, it is that an insufficient taste
for evidence regularly brings out the worst in us. Add weapons of mass
destruction to this diabolical clockwork, and you have found a recipe for
the fall of civilization.
[ii]
Ma traduction - Chomsky might
object that to knowingly place the life of a child in jeopardy is
unacceptable in any case, but clearly this is not a principle we can follow.
The makers of roller coasters know, for instance, that despite rigorous
safety precautions, sometime, somewhere, a child will be killed by one of
their contraptions. Makers of automobiles know this as well. So do makers of
hockey sticks, baseball bats, plastic bags, swimming pools, chain-link
fences, or nearly anything else that could conceivably contribute to the
death of a child. There is a reason we do not refer to the inevitable deaths
of children on our ski slopes as "skiing atrocities." But you
would not know this from reading Chomsky. For him, intentions do not seem to
matter. Body count is all.
[iii]
Ma traduction - The term "spirituality"
seems unavoidable here - and I have used it several times in this book
already - but it has many connotations that are, frankly, embarrassing.
"Mysticism" has more gravitas, perhaps, but it has unfortunate
associations of its own. […] I will use both "spirituality" and
"mysticism" interchangeably here, because there are no
alternatives, but the reader should remember that I am using them in a
restricted sense.
[iv]
Ma traduction - Investigating the
nature of consciousness directly, through sustained introspection, is simple
another name for spiritual practice.
[v]
Ma traduction - The human brain is
a prolific generator of beliefs about the world. In fact, the very humanness
of any brain consists largely in its capacity to evaluate new statements of
propositional truth in light of innumerable others that it already accepts.[…]
It is not so much what they are but what they do that makes neurons see,
hear, smell, taste, touch, think, and feel.
[vi]
Ma traduction - Most scientists
consider themselves physicalists ; this means, among other things, that they
believe that our mental and spiritual lives are wholly dependent upon the
workings of our brains. On this account, when the brain dies, the stream of
our being must come to an end. Once the lamps of neural activity have been
extinguished, there will be nothing left to survive. Indeed, many scientists
purvey this conviction as though it were itself a special sacrament,
conferring intellectual integrity upon any man, woman, or child who is man
enough to swallow it. […] But the truth is that we simple do not know what
happens after death.